Heineken quitte la RD Congo : le géant néerlandais cède ses parts après 40 ans de présence dans le pays
Par TV5MONDE avec AFP
Le groupe néerlandais Heineken a officialisé la cession de sa filiale congolaise, Bralima, vendredi 11 avril. Après plus de 40 ans en tant qu’actionnaire majoritaire, le groupe brassicole se retire au profit d’Elna Holdings, société basée à l’île Maurice.
Le groupe néerlandais Heineken a officialisé la cession de sa filiale congolaise, Bralima, vendredi 11 avril. Après plus de 40 ans en tant qu’actionnaire majoritaire, le groupe brassicole se retire au profit d’Elna Holdings, société basée à l’île Maurice. Les trois sites de production, situés à Kinshasa , Kisangani et Lubumbashi, sont concernés par la cession. Ils demeureront en activité, mais sous la bannière d'Elna Holdings, société basée à l’île Maurice. Elle reprendra la production, la distribution et les 731 salariés. Heineken ainsi que les autres marques du groupe, dont la populaire Primus, continueront donc d'être commercialisées dans le pays dans le cadre d'un accord de licence. Heineken a précisé, dans un communiqué, vouloir évoluer “vers une approche plus légère en termes d'actifs” . La transaction s'inscrit dans la stratégie globale du groupe de se défaire d'une série de brasseries dans différents pays. Le montant de l'opération n'a pas été rendu public. La sécurité à l'est du pays La situation sécuritaire qui se dégrade dans l’est du pays a poussé le groupe néerlandais à revoir sa stratégie en RD Congo. En juin 2025, des hommes armés avaient pris le contrôle de l’usine Bralima de Bukavu. En novembre de la même année, le groupe avait cédé le site de Bukavu pour la somme symbolique d’un euro à une autre société mauricienne. L’est du pays représentait tout de même un tiers des activités du groupe dans le pays.
Your browser doesn't support HTML5 video.
La sortie de la RD Congo intervient alors que Heineken traverse une période de crise à l'échelle internationale. Deuxième brasseur mondial derrière AB InBev, le groupe néerlandais a annoncé la suppression de 5 000 à 6 000 postes dans le monde sur deux ans, alors que ses ventes sont en recul. Son directeur général Dolf van den Brink a déclaré : “Nous restons prudents dans nos prévisions à court terme concernant les conditions du marché de la bière.” (Re)lire "De gré ou de force": l'armée congolaise veut désarmer les FDLR, milice ennemie du Rwanda et liée au génocide des Tutsi C’est un recul de 2,4% qu’ont connu les volumes mondiaux de bière en 2025. Les baisses sont particulièrement prononcées en Europe (-4,1%) et sur le continent américain (-3,5%). Le chiffre d’affaires du groupe est passé de 36 à 34,4 milliards d’euros. Heineken et Bralima : une longue histoire L'histoire de la présence de Heineken en RD Congo remonte à 1923. Les colons belges fondent alors une brasserie à Léopoldville, l’actuelle Kinshasa avant le développement des sites de Bukavu, Stanleyville (Kisangani) et Boma dans les années 1950, « dans un contexte de reprise économique consécutif à la fin de la Seconde Guerre mondiale », selon l'agence congolaise de presse . L’appellation Bralima est adoptée en 1957. Les marques phares, Primus et Mützig ont largement dominé le marché brassicole congolais, aux côtés de Bracongo, marque qui appartient au groupe français Castel, nous apprend DHNET.Be . Cette présence a été toutefois émaillée de polémiques. Un collectif de 168 anciens salariés de Bukavu avait notamment déposé plainte contre Heineken en décembre 2015, auprès du Point de contact national de la Haye, selon Le Monde . Les anciens salariés estimaient avoir été victimes de licenciements abusifs durant la guerre civile entre 1998 et 2003. Selon eux, le conflit aurait servi de prétexte à une réduction des effectifs d’environ un tiers. La plainte avait été jugée recevable en juin 2016.