Semaine de la mode à Paris: MaXhosa porte avec style le continent africain
Par AFP © 2026 AFP
La marque MaXhosa Africa, portée par Michelle Obama ou Beyoncé, a secoué le premier jour de la semaine de la mode à Paris, avec un défilé empli de fierté et d'assurance, hommage aux traditions et savoir-faire d'Afrique subsaharienne. "Ça fait 16 ans que j'attends mon tour", a expliqué à l'AFP en coulisses son fondateur, Laduma Ngxokolo, 39 ans, à propos de ce premier défilé officiel au calendrier de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM), l'organisatrice de l'événement. "C'est une marque que l'on suit depuis plusieurs années, qui est mûre en termes de créativité", a indiqué à l'AFP Pascal Morand, président de la FHCM, à propos de MaXhosa Africa. "Nous nous sommes donné pour mission d'être parmi les pionniers du rayonnement du continent africain dans le monde", a ajouté en souriant M. Ngxokolo, dans les salons de la résidence de l'ambassadeur d'Afrique du Sud à Paris, recouverts pour le défilé de tapis de nattes en paille.
"C'est l'Afrique dans laquelle nous voulons tous vivre, où l'économie prospère, où la criminalité recule, où la politique est moins corrompue : c'est cette Afrique-là que nous essayons de montrer ici", a-t-il dit à la presse. Le message d'unité de cette marque "fièrem ent +made in Africa+" passe par le vêtement avec une surprenante aisance. Les silhouettes féminines et masculines vont du rouge au turquoise, d'un costume d'homme veste-pantalon brodé à du street-wear respirant le cool, dans un esprit qui peut rappeler celui de Pharrell Williams chez Vuitton. Après une robe multicolore faite de pampilles, chacune brodée au nom d'un pays du continent africain, vient une tenue sportswear qui arbore un contour grand format de l'Afrique avec les autres régions du monde au dos et sur les manches, comme un clin d'œil au récent redimensionnement par les Nations unies de la carte du monde.
Fondée en 2010, MaXhosa Africa, dont le nom fait référence au peuple xhosa d'Afrique du Sud, emploie aujourd'hui quelque 300 personnes, compte huit boutiques et fabrique malgré les difficultés économiques du pays l'ensemble de ses pièces dans ses deux ateliers sud-africains à Johannesburg et à East London. Imane Ayissi, styliste camerounais, avait ouvert la voie en devenant en 2020 le premier designer d'Afrique sub-saharienne à entrer dans le cercle fermé des marques défilant dans le calendrier officiel de la semaine de la mode parisienne.