[Actualité] Un dhow iranien capturé par les pirates au Puntland libéré par les Européens – B2 Le Quotidien de l'Europe géopolitique
(B2) Les marins de l'opération européenne EUNAVFOR Atalanta ont récupéré un navire de pêche qui avait été capturé par les pirates la semaine dernière au large du Puntland.
Capturé la semaine dernière
Battant pavillon iranien, le Al-Meraj 1, un boutre de pêche (ou dhow) aurait été capturé par les pirates au large de Eyl (Puntland), mercredi dernier (22 novembre), selon les informations du MSCHOA / MICA Center de Brest ( qui assure la veille informationnelle dans la zone de l'Océan indien pour l'opération européenne ). A bord de deux skiffs, les pirates avaient — selon une méthode bien rodée à la fin des années 2010 — placé des échelles pour aborder le dhow à la coque bleue et blanche, menaçant l'équipage avec des armes de type AK47 (Kalachnikov) et RPG (lance-grenades). Puis ramenant leur proie sur la côte.
Un suivi à distance durant plusieurs jours
L 'opération navale de l'Union européenne a, depuis plusieurs jours, déployé des « moyens dédiés » — notamment l'avion de patrouille maritime de l'opération basé à Djibouti (un Casa Vigma) — pour « suivre de près les mouvements du boutre et signaler sa position ». Cette « vaste opération de suivi » a permis de localiser précisément le boutre. Le dhow a ensuite été intercepté au large des côtes du Puntland (Somalie) indique l'opération européenne mardi 28 (novembre).
Un usage possible de bateau-mère
Hors de question en effet pour les marines européennes de laisser un tel navire. Il aurait fort bien pu servir de bateau-mère pour « faciliter de nouvelles attaques de pirates contre des navires marchands ». Le boutre « navigue pour l'instant vers les côtes somaliennes sous la surveillance des moyens d'EUNAVFOR », précise le QG de l'opération situé à Rota (Espagne). L'histoire ne dit pas si le navire de pêche avait une autorisation en bonne et due forme pour pêcher dans la zone. L'opération reste aussi prudente sur les circonstances entourant la capture par les pirates. Il « aurait été enlevé par des pirates ».
Une rançon demandée
Les ravisseurs exigeaient, s elon le média somalien Garowe Online, du propriétaire du navire le versement d'une rançon de 400.000 $. Les responsables de l'opération Atalanta ont lancé un appel à la vigilance. Recommandant à tous les navires dans la zone de « s'inscrire dans le système d'enregistrement volontaire (VRS) du MSCHOA », le centre de sécurité maritime pour la Corne de l'Afrique, situé à Brest.
Alertes sur le Golfe d'Aden
Plusieurs alertes ont été lancées ces derniers jours par les autorités maritimes (MSCHOA et UKMTO). Mercredi (29 novembre), plusieurs capitaines ont ainsi repéré un petit canot suspect dans les parages du Golfe d'Aden. Lundi (27 novembre), un canot avec 3 personnes à bord s'est approché d'un navire marchant à 60 nautiques au sud de Aden au Yémen. Le canot a suivi le navire pendant une heure avant de changer de direction.
(Nicolas Gros-Verheyde)
Une résurgence ?
La piraterie somalienne n'est plus aussi effective que dans la fin des années 2010. Mais elle surgit de temps à autre. La dernière attaque d'envergure, recensée par B2, avait eu lieu en août 2021 contre un cargo battant pavillon turc, au nord de la capitale somalienne (lire : tentative d'attaque de pirates au large de Mogadiscio ).
En avril 2019, un navire militaire espagnol de Atalanta avait intercepté un navire de pêche yémenite utilisé par les pirates (lire : Les pirates repartent à l’attaque. Un bateau-mère stoppé net dans l’Océan indien ) ; les ravisseurs arrêtés avaient été transférés aux Seychelles pour jugement (lire : Les cinq pirates arrêtés par les Espagnols transférés aux Seychelles ).
En février 2018, c'était un tanker battant pavillon de Singapour mais appartenant à un armateur letton qui avait été attaqué au large des côtes somaliennes (lire : Un chimiquier letton attaqué par les pirates au large de la Somalie ). En avril 2017, c'était un dhow indien qui avait capturé par les pirates.
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