Ouganda: un ancien président du JT, Edward Rukidi Kijanangoma, devient le nouveau roi du Toro
Par Elena Lionnet avec agences
Il est passé du journal télévisé au trône. C'est le sort inattendu qui est échu à Edward Rukidi Kijanangoma. Après la mort de son cousin à 34 ans, Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, il a été appelé au trône du petit royaume de Toro en Ouganda.
Il est passé du journal télévisé au trône. C'est le sort inattendu qui est échu à Edward Rukidi Kijanangoma. Après la mort de son cousin à 34 ans, Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, il a été appelé au trône du petit royaume de Toro en Ouganda. Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV est décédé fin août aux États-Unis d'un cancer à 34 ans. Couronné à l'âge de trois ans il était considéré, au moment de son décès, comme le plus jeune monarque régnant au monde par le Guinness des Records.
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Un comité ad hoc du clan royal a désigné pour lui succéder son cousin, le prince Edward Rukidi Kijanangoma Nyabongo II. Tous deux sont des petit-fils de feu Omukama (roi) George David Rukidi III. Ce dernier a regné de 1928 à 1965. Un fils au Texas ? Mais le choix d'Edward Rukidi Kijanangoma, journaliste à la télévision publique nationale l'Uganda Broadcasting Corporation (UBC) a été contesté par la reine mère Best Kemigisa, ce qui avait donné lieu à une brève, mais acerbe, querelle de succession . La reine mère, appuyée par sa fille, la princesse Ruth Komuntale, a argué que le roi défunt avait engendré un "héritier" , jusqu'ici connu du seul cercle familial rapproché et a produit un testament désignant comme dauphin tout "fils biologique" qui lui survivrait. Or le roi Oyo n'avait pas été marié publiquement, et l'on sait très peu de choses sur sa femme ou son fils selon BBC Afrique . Selon le ministre de l'Information du royaume de Toro, le fils en question "n'a été présenté nulle part, ce qui conduit à admettre de plus en plus — aussi triste que cela puisse être — que le roi Oyo n'a pas laissé de fils" . Cet enfant, a expliqué le comité de sélection, composé de 21 membres du clan Babiito, n'a jamais été formellement "présenté aux anciens et soumis aux cérémonies et à la reconnaissance traditionnelles" comme doivent l'être les enfants de sang royal, selon les us du royaume. Pour être considéré comme un possible roi, un enfant doit également suivre "une éducation, un tutorat et une préparation appropriés à son futur leadership" , a fait savoir le comité pour justifier sa décision d'écarter le présumé fils du roi de la succession. La reine Best Kemigisa a protesté estimant que la volonté de son fils n'a pas été respectée. "En tant que mère, c'est très extrêmement douloureux" a-t-elle déclaré dans un post sur X évoquant les préparatifs du couronnement qui se passent "à quelques mètres seulement du corps" de son fils. La reine a déclaré par la suite que le fils d'Oyo, qui se trouvait au Texas (États-Unis), devait rentrer au pays, mais que cela n'avait pas pu se faire en raison d'un "conflit de succession tendu et polarisé". "Aucun enfant ne devrait se retrouver dans une situation où un retour sur la terre natale de son père risquerait de l'entraîner dans l'hostilité et le conflit", a affirmé la reine Kemigisa dans cette même publication. Malgré cette polémique, le règne d'Edward Rukidi Kijanangoma Nyabongo II a commencé ce mardi 29 septembre à 00H00, lorsqu'il s'est symboliquement emparé, à l'issue d'un simulacre de bataille, du palais royal à Fort Portal, donnant le coup d'envoi de 24 heures de cérémonies traditionnelles. D'autres candidats au trône dont un gardien de but Edward Rukidi Kijanangoma n'était pas le seul candidat pressenti pour ce rôle. Le prince George Desmond Kamurasi, qui joue au football pour l' un des clubs amateurs les plus célèbres du Royaume-Uni , avait été contacté par le comité des sages. Selon les médias ougandais, 15 des 18 membres du comité présents avaient voté en sa faveur. Mais le capitaine et gardien de but des South East Dons a décliné l'offre de monter sur le trône en déclarant : "Non, j'ai des responsabilités et je ne peux pas être roi." Surnommé Big G, il mesure 1,98 m, George Kamurasi, 36 ans, est devenu une figure emblématique du SE Dons, club fondé en 2014 par le rappeur britannique Don Strapzy. Le club a acquis une grande popularité sur YouTube avant d'intégrer la pyramide du football anglais. George Desmond Kamurasi apparaît régulièrement dans les contenus du club sur les réseaux sociaux et est connu pour ses discours passionnés - et souvent émaillés de jurons - adressés à ses coéquipiers avant les matchs rapporte le média sportif britannique ESPN . Certains en Ouganda, bien qu'appréciant son style simple et direct, se demandaient d'ailleurs comment il aurait pu exercer des responsabilités sans avoir jamais vécu dans son pays. Un roi né dans le royaume du Toro Tandis qu'Edward Kijanangoma est né en 1970 dans le village de Kidukuru, à Fort Portal, à environ 300 km de Kampala. Il a poursuivi ses études à la capitale et obtenu un diplôme en communication à l'université Makerere en Ouganda. Et il a ensuite travaillé comme journaliste aussi bien au Rwanda qu'en Ouganda, notamment pour l'Uganda Broadcasting Corporation (UBC). Après sa désignation comme roi, Edward Rukidi Kijanangoma a déclaré qu'il mettrait à profit les relations nouées au cours de ses 21 années de journalisme pour "obtenir des choses positives pour [son] peuple" . Une influence politique réduite Il a promis que le palais serait ouvert à la population, tout en s'engageant à privilégier l'unité et le développement. "Je ne vous demande qu'une chose: on m'a conféré ce titre de roi, mais je ne peux pas œuvrer seul. Je dois travailler avec vous" , a-t-il déclaré. Les rois traditionnels ougandais ne détiennent aucun pouvoir politique officiel, mais ils conservent une influence culturelle et jouissent d'une grande loyauté au sein des communautés qu'ils dirigent. Le pays compte quatre royaumes principaux. Le plus vaste et le plus influent est celui du Bouganda, situé dans la région centrale et englobant la capitale, Kampala. Ces royaumes avaient été abolis en 1967, mais le gouvernement du président Yoweri Museveni les a rétablis au début des années 1990. Le grand-père du défunt roi avait reçu la reine Elizabeth II.