Irak: les États-Unis quittent définitivement le pays en laissant derrière eux les menaces liées à leur guerre contre l'Iran
Par Thomas Ladonne avec agences
Après plus de 20 ans de présence militaire en Irak, les derniers soldats américains quittent l'Irak ce mercredi 30 septembre. Mais derrière eux, reste un pays en proie au conflit que Donald Trump mène contre l'Iran depuis février dernier. Les milices chiites dans le pays négocient encore leur désarmement.
Après plus de 20 ans de présence militaire en Irak, les derniers soldats américains quittent l'Irak ce mercredi 30 septembre. Mais derrière eux, reste un pays en proie au conflit que Donald Trump mène contre l'Iran depuis février dernier. Les milices chiites dans le pays négocient encore leur désarmement. Cela faisait 23 ans que les États-Unis étaient présents sur le territoire irakien. Ce mercredi, la dernière base américaine majeure encore en activité jusqu'alors a fermé ses portes. Les Américains avaient initialement investi l'Irak en 2003 pour faire tomber la dictature de Saddam Hussein . Puis, leur présence s'est transformée en lutte contre le djihadisme, notamment du groupe État islamique: ils étaient à la tête, depuis 12 ans, de la coalition internationale qui a œuvré pour faire reculer le djihadisme dans le pays. Ce retrait définitif avait été conclu il y a deux ans par l'administration de l'ex-président américain Joe Biden et l'ancien Premier ministre irakien, Mohammed Chia al-Soudani. À l'époque, il était également prévu que les milices chiites présentes dans la région, proches de l'Iran , soient désarmées. Toutefois, depuis le début de la guerre en Iran , après l'attaque conjointe lancée par les États-Unis eux-mêmes et leur allié israélien le 28 février dernier, ces milices ont repris les combats, notamment dans le Kurdistan irakien . Une "journée de la souveraineté" le 1er octobre Il faut noter aussi que les dirigeants des deux pays ne sont plus les mêmes que lors de l'accord. Donald Trump est revenu au pouvoir aux États-Unis et, en Irak, c'est Ali al-Zaïdi, un homme d'affaires de 41 ans, qui est devenu Premier ministre en mai dernier. Celui-ci a appelé à célébrer le 1er octobre, lendemain du départ de la coalition, comme la " Journée de la souveraineté " dans le pays et a réaffirmé son désir de voir les milices pro-Iran désarmées , détaille le quotidien économique américain The Wall Street Journal : " Il n'y a aucune raison pour qu'elles existent encore après le 30 septembre ", a affirmé le chef du gouvernement. (Re)Lire L'Arabie saoudite ferme l'oléoduc Est-Ouest après des attaques de drones venues d'Irak Mais le journal rappelle que, pendant les premiers mois de la guerre menée par Donald Trump, les milices et les forces iraniennes avaient lancé " plus de 600 attaques sur les infrastructures militaires et diplomatiques des États-Unis ", rendant l'Irak vulnérable. Ali al-Zaïdi s'était engagé, sous la pression de Washington, à obtenir le désarmement des factions pro-iraniennes, lors de son arrivée au pouvoir. Mais la date du 30 septembre a été repoussée, les négociations pour " réglementer " les armes étant toujours en cours, selon l'Agence France-Presse. Si des factions ont annoncé l'intégration de leurs brigades armées dans les institutions de l'État, plusieurs groupes armés influents ont en effet refusé de rendre les armes, explique l'AFP.
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Bien que la condition principale énoncée par les milices chiites pour apaiser les tensions était le départ de la coalition internationale, elles réclament désormais la fin de toute influence américaine, politique comme économique. Selon l'AFP, le puissant groupe des Kataeb Hezbollah a déclaré lundi que le retrait des " forces d'occupation [...] était un premier pas vers l'obtention de la pleine souveraineté ". Mais il a mis en garde le gouvernement irakien: " un gouvernement qui n'œuvre pas pour le bien de son peuple sera renversé par tous les moyens possibles ". Les capacités militaires limitées du pays étant pointées du doigt, le porte-parole du commandant en chef des armées, Sabah Numan, a récemment affirmé, selon nos confrères de RFI, qu'" il y a une stratégie mise en place sur trois ans pour renforcer les capacités de notre défense aérienne et permettre à l'Irak d’imposer sa souveraineté dans les airs". Vers une recomposition de l'État islamique? Pendant des années, les forces de la coalition et les factions soutenues par Téhéran combattaient un même ennemi: l'État islamique. Mais après la défaite du groupe djihadiste , la présence des troupes de la coalition est devenue une énorme source de tension entre les autorités irakiennes et les groupes armés pro-iraniens. Ces derniers ont demandé leur retrait avant de les prendre pour cible, provoquant des frappes de représailles américaines qui ont tué plusieurs de leurs chefs au fil des années. La situation en Irak reste donc fragile et le départ des États-Unis rebat les cartes des équilibres en présence. Sachant que le groupe État islamique tente toujours de se recomposer.