Le succès de l’iPhone Air reste limité un an après son lancement, mais son succès dépend du public observé
Apple ne communique jamais ses volumes de ventes par modèle. Pour évaluer le succès commercial réel d'un iPhone, il faut donc se tourner vers des indicateurs indirects, comme la télémétrie anonymisée des applications les plus installées. C'est cet exercice qu'a mené David Smith, développeur de l'application de widgets Widgetsmith, en dressant sur Mastodon un premier bilan de l'adoption de la gamme iPhone 17, un an après son lancement. Relayées et commentées par John Gruber sur Daring Fireball, ces données dessinent un tableau nuancé pour l'iPhone Air.
Image Apple
Une part famélique dans les usages de Widgetsmith
Dans son message, David Smith indique que la génération 17 progresse globalement au même rythme que les précédentes, avec environ un cinquième des utilisateurs de son application désormais équipés d'un de ces modèles. Il pointe toutefois une exception notable : l'iPhone Air peine nettement plus à trouver son public, avec seulement 0,3 % de part d'usage un an après son lancement, contre 1,4 % pour l'iPhone 16 Plus à la même échéance l'an dernier.
Graphique de répartition des iPhone de la gamme 17 utilisant Widgetsmith. Image David Smith
En reprenant ces chiffres, John Gruber a détaillé la répartition complète. Sur l'ensemble du parc d'utilisateurs de Widgetsmith, l'Air ne pèse que 0,3 %, loin derrière l'iPhone 17 (7,2 %) et les iPhone 17 Pro et Pro Max (autour de 5,8 % chacun), et même en retrait sur l'iPhone 17e (0,5 %). En ne considérant que les possesseurs d'un iPhone de la génération 17, l'Air plafonne à 1,5 %, contre plus de 36 % pour le modèle standard et environ 30 % pour chacune des déclinaisons Pro.
John Gruber relève par ailleurs n'avoir jamais vu Apple promouvoir l'iPhone Air par une campagne d'affichage ou un spot publicitaire dédié depuis son lancement, contrairement aux modèles Pro. Il s'interroge sur l'ordre des causes : Apple a-t-elle renoncé à investir dans sa promotion parce que la demande était faible, ou est-ce l'absence de communication qui a, en partie, entretenu ce désintérêt ?
Un problème de perception plus que de conception, selon Gruber
Le constat chiffré n'empêche pas le rédacteur de Daring Fireball de défendre le modèle sur le fond. Dans un article séparé consacré à son bilan d'un an d'usage, il le considère comme le plus bel iPhone qu'Apple ait jamais conçu, estimant que l'essentiel des utilisateurs l'apprécierait s'ils avaient l'occasion de l'essayer réellement : l'autonomie réduite et l'absence de module photo Pro ne seraient, selon lui, pas des manques ressentis au quotidien face à la finesse et à la légèreté de l'appareil. Il précise néanmoins avoir personnellement opté pour l'iPhone 17 Pro, jugeant l'Air trop large pour un usage confortable à une seule main.
Gruber établit un parallèle avec les iPhone 12 mini et 13 mini, salués pour leur format compact mais retirés de la gamme après deux générations faute d'acheteurs. Si l'iPhone Air 2, attendu au printemps prochain, ne parvient pas à inverser la tendance, l'appareil pourrait selon lui connaître le même sort : un design reconnu, mais commercialement abandonné. Autre signal intrigant qu'il relève au passage : l'iPhone 17e affiche lui aussi une adoption limitée (2,5 % des utilisateurs de la génération 17, 0,5% au total), ce qui suggère que le public de Widgetsmith, plutôt technophile, n'est peut-être simplement pas le cœur de cible de ces deux modèles, et c’est là qu’il faut absolument nuancer les chiffres.
Une point de vue différent selon les applications
Le développeur Matt Birchler, sur son blog Birchtree, a réagi à cette analyse en publiant ses propres chiffres, tirés d’applications au public plus pointu. Chez lui, l'iPhone Air représente environ 6 % des utilisateurs d'iPhone, soit une proportion près de vingt fois supérieure à celle observée par David Smith. Sa base d'utilisateurs penche toutefois nettement plus vers le haut de gamme : l'iPhone 17 Pro Max y rassemble près de la moitié des possesseurs de la génération 17, contre un quart pour le Pro, l'iPhone 17 standard et l'Air se tenant quasiment à égalité.
Graphique de répartition des iPhone de la gamme 17 utilisant les applications de Matt Birchler. Image Birchtree
Birchler note une exception notable sur les générations 12 et 13, où la majorité de ses utilisateurs étaient restés sur des modèles non-Pro — des fidèles de l'iPhone mini ayant simplement refusé de migrer vers un format plus grand. De quoi rappeler qu'un public de passionnés peut, ponctuellement, favoriser un format de niche là où le grand public s'en détourne.
Graphique de répartition de tous les iPhone (à partir du 11) utilisant les applications de Matt Birchler. Image Birchtree
Ce que ces chiffres disent, et ne disent pas
Ces relevés restent des indicateurs indirects, issus d'échantillons d'utilisateurs d'applications spécifiques, et non des données de ventes officielles. Apple ne publiant aucune répartition par modèle, toute lecture du succès commercial de l'iPhone Air relève nécessairement de l'extrapolation à partir de signaux partiels — télémétrie d'applications, programmes de reprise ou informations de la chaîne d'approvisionnement.
iPhone Air : Apple aurait déjà stoppé la production et repoussé son successeur
Ce qui ressort malgré tout de ces deux points de vue, c'est une convergence : l'iPhone Air se vend proportionnellement moins bien que les autres modèles de la génération 17, y compris auprès d'un public plus enthousiaste. Le positionnement tarifaire de l'appareil, proche de celui des modèles Pro malgré un module photo unique et une autonomie en retrait, n'aide sans doute pas à convaincre l'acheteur moyen, même si ceux qui franchissent le pas semblent, dans l'ensemble, satisfaits de leur choix.
Re-test de l’iPhone Air : pas si mal l’air de rien
Ces limites commerciales, conjuguées à l'absence de communication marketing soulignée par Gruber, dessinent le portrait d'un modèle de niche assumé, davantage conçu comme une démonstration technologique en amont de l'iPhone Duo récemment annoncé que comme un porte-étendard commercial. Reste à savoir si une seconde génération, surtout si elle venait à remplacer un modèle standard dans la gamme plutôt que de cohabiter à ses côtés, parviendra à convaincre au-delà du cercle de ceux qui l'ont déjà adopté.