Mon boulot : biscuitier à la Ferme Nos Pilifs
Aujourd’hui, je vais vous parler de mon boulot.
Je travaille dans un magnifique environnement situé en Belgique, à Neder-Over-Heembeek : **la Ferme Nos Pilifs**.
Et ce n’est pas une ferme comme les autres.
La Ferme Nos Pilifs regroupe plusieurs activités autour d’un projet que je trouve extraordinaire : permettre à des personnes en situation de handicap de travailler et de trouver leur place dans le monde professionnel.
La Ferme est ce qu’on appelle en Belgique une **ETA** , une Entreprise de Travail Adapté. Elle est agréée par la COCOF et sa mission est de proposer un travail utile, valorisant et rémunérateur à des personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, elle accueille 145 travailleurs dans ce cadre.
Et au milieu de tout ça…
il y a la biscuiterie. 🍪
## Moi, je suis biscuitier
Je travaille dans la biscuiterie du lundi au vendredi.
Ici, on fait tout à la main.
Et quand je dis tout, c’est vraiment tout.
De la production jusqu’à l’emballage, nous participons aux différentes étapes de fabrication. Même mettre les étiquettes sur les sachets fait partie du travail.
Pas de grande chaîne industrielle qui fait tout toute seule.
Pas de bouton sur lequel on appuie avant de regarder les biscuits sortir quelques minutes plus tard.
Il y a des personnes derrière chaque étape.
La biscuiterie propose aujourd’hui une gamme d’environ 25 saveurs différentes, sucrées comme salées. Les équipes de la biscuiterie et de la boulangerie préparent, cuisent et emballent les biscuits sur place.
Quand vous prenez un paquet de biscuits de la Ferme Nos Pilifs, il y a donc derrière beaucoup de travail.
Des mains ont participé à sa fabrication.
D’autres à son emballage.
Quelqu’un a posé l’étiquette.
Et finalement, ce petit paquet que l’on prend dans un rayon raconte déjà toute une histoire.
## Un métier auquel je ne m’attendais pas
Personnellement, je ne me suis **jamais** imaginé travailler dans une biscuiterie.
Si on m’avait demandé il y a quelques années :
« Plus tard, tu te vois faire quoi comme métier ? »
Je peux vous garantir que « biscuitier » ne serait probablement jamais sorti de ma bouche. 😄
Et pourtant…
aujourd’hui, quand on me demande ce que je fais dans la vie, je peux le dire :
**je suis biscuitier.**
Et plus le temps passe, plus je me rends compte que j’aime vraiment pouvoir dire ça.
Parce qu’il y a quelque chose de particulier dans le travail manuel.
À la fin d’une journée, je peux voir ce qu’on a produit.
C’est concret.
Les biscuits que nous fabriquons vont ensuite être emballés, vendus et finalement dégustés par quelqu’un.
Peut-être avec un café.
Peut-être au goûter.
Ou peut-être simplement parce que quelqu’un avait envie d’un biscuit.
Et quelque part, moi et mes collègues, nous avons participé à ce petit moment.
Je trouve ça assez chouette quand on y pense.
## Tout faire à la main
Ce que j’aime aussi dans ce travail, c’est justement ce côté manuel.
Aujourd’hui, on entend parler d’automatisation absolument partout.
Les machines peuvent produire plus vite, emballer, trier, coller des étiquettes et effectuer énormément de tâches automatiquement.
Mais chez nous, beaucoup de choses passent encore par les mains des travailleurs.
Et dans le contexte d’une Entreprise de Travail Adapté, cela prend encore plus de sens.
Chaque tâche peut devenir un vrai travail.
Mettre des biscuits dans un sachet.
Préparer une production.
Emballer.
Étiqueter.
Vérifier.
Ce sont parfois des gestes qui peuvent sembler minuscules lorsqu’on regarde simplement le produit terminé.
Mais lorsque plusieurs personnes réalisent chacune une partie du travail, ces petits gestes finissent par créer quelque chose ensemble.
Et ça, j’aime beaucoup.
## Un lieu assez incroyable pour travailler
Il y a aussi l'endroit en lui-même.
Parce que travailler à la Ferme Nos Pilifs, ce n’est pas exactement travailler au milieu du béton bruxellois.
La Ferme possède environ **5 hectares de nature** à Neder-Over-Heembeek. On y trouve notamment des animaux, des potagers et différents espaces consacrés à la biodiversité.
Quand on arrive là-bas, on peut presque oublier pendant quelques instants qu’on est toujours à Bruxelles.
Et différentes activités cohabitent sur le même site : la biscuiterie, la boulangerie et l’épicerie bio, la jardinerie, l’Estaminet, les équipes d’entretien des jardins, la menuiserie et d’autres services.
Tout cela fonctionne autour d’une même idée :
**l’inclusion et le durable.**
La Ferme travaille d’ailleurs depuis longtemps autour des questions environnementales. On y trouve notamment des bâtiments en terre-paille, des systèmes naturels de lagunage pour les eaux usées, des panneaux solaires ainsi qu’une chaufferie biomasse utilisant des déchets de bois provenant de ses activités.
Forcément, pour quelqu’un comme moi qui aime observer la nature et les petits détails du quotidien, travailler dans un endroit pareil a quelque chose d’assez spécial.
## Finalement…
Je pense que c’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai créé **Les Carnets d’Arborisis**.
Parce qu’on passe parfois devant certaines choses tous les jours sans vraiment y faire attention.
Un arbre.
Un bruit.
Une personne.
Un geste.
Ou simplement un paquet de biscuits.
Et pourtant, lorsqu’on prend le temps de regarder un peu plus attentivement, il y a souvent une histoire derrière.
Moi, mon histoire professionnelle m’a amené dans une biscuiterie alors que je ne l’aurais probablement jamais imaginé.
Aujourd’hui, j’y travaille du lundi au vendredi.
Je fabrique des biscuits.
Je les emballe.
Je colle des étiquettes.
Je travaille avec mes collègues.
Et finalement, je peux le dire avec le sourire :
**mon métier, c’est biscuitier. ^^**
Alors si un jour vous passez à la Ferme Nos Pilifs et que vous achetez un paquet de biscuits…
il est tout à fait possible que je sois passé par là. 🍪